L’émer-veilleur ordinaire / résidence de création Valérie Champigny / Centre Hospitalier de Bazas

 

« L’émer-veilleur ordinaire », un projet retenu dans le cadre de l’appel à projet Culture & Santé Nouvelle-Aquitaine. Une résidence au Centre Hospitalier de Bazas dans les Services de médecine et de Soins de Suite de Réadaptation (SSR). Au plaisir de rencontrer prochainement les professionnels soignants pour les premiers temps de rencontre prévus les 1 et 3 Août.

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Vendredi 24 août : Fin d’une première étape de la résidence de création dans trois services en gériatrie. À travers des lumières, des voix, des détails, Il y a une sorte d’innocence à la fois paradoxalement puissance de vérité face à l’échéance inéluctable rapprochée de la mort mais exprimée toujours dans une grande douceur pourtant mêlée à une colère sourde contre cette injuste et si humiliante perte d’autonomie. Nous nous sommes rencontrés en petits groupes mais le plus souvent individuellement dans les chambres ou en marchant dans le couloir jusqu’à le fenêtre. Nous avons « déambulé » avec René, Jean, Yvette, Pierre, Lucette, Patrick, Bernadette, Michel, Marie-Thérèse, Ginette, Christiane, Édouard, Nicole, Rosa, Lilianne ou Pierette et bien d’autres… Nicole nomme son déambulateur sa coccinelle… L’échange demande du courage et du temps. Lorsque tout nous échappe, la mémoire et le corps, il est difficile de donner encore… Souvent les plus résistants à l’échange au début sont ceux qui deviennent les plus loquaces pour retarder le moment mon départ. Nous avons parfois joué avec mes boîtes à mots, trouvé le goût de rire ou même de chanter comme si l’échange, dans un oubli fécond du présent pour quelques instants seulement, serait une permission, une brèche, une lucarne vers cette métamorphose fugace. Pour le moment, leurs mots informent le bois (pour de vrai) et dans l’espace sur le site de l’hôpital. Une dizaine de récits sont en construction pour décembre, comme celui de La robe de mariée ou celui du Chien Pif, des pigeons d’hiver ou encore de l’ancien chauffeur de bus « Serge le chanteur »…

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« …ma place dans l’iMMMensité…  » / Maison d’enfants à Caractère Social

« Ma place dans l’iMMMensité » (75cm X 145cm)  a été conçue en 2018 pour la restitution de la résidence de Maison d’Enfants à Caractère social de Port-Sainte-Foy-et-Ponchapt. La phrase sera installée dans le hall et visible/lisible depuis le couloir où les enfants attendent leur tour pour entrer au réfectoire le midi.

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Cette pièce est réalisée à la manière d’une enseigne lumineuse en aluminium brut sur laquelle on peut déchiffrer une phrase manuscrite lumineuse (jaune soleil N°1037) : « Chaque jour, je trouve ma place dans l’immensité ». La liberté du message solaire où l’artiste s’autorise à tripler le « M » d’immensité, tout en contraste avec l’aluminium brut, transcende une réalité qu’est la vie imposée dans une institution pour des enfants ou des adolescents. La vie dans une Maison d’enfants répond à la fois parfaitement aux principes de protection des mineurs ; il s’agit donc pour les enfants de grandir dans un cadre structurant et structuré et paradoxalement fermé avec des horaires fixes d’une vie collective. Cette phrase s’est imposée comme un dernier message de transmission positive aux enfants, adolescents et jeunes adultes avec qui la plasticienne a partagé le quotidien pendant plus d’un an :
« J’ai, au terme de ma résidence, ressenti le désir de proposer une phrase qui relierait chacun d’entre-eux à espace profane plus vaste que celui qui les protège dans l’immédiat. C’est le pari d’offrir une conscience de soi dans un espace permanent pour des enfants placés et souvent déplacés à plusieurs reprises, un espace qui ressemblerait à la confiance en soi, à une poésie de l’attention ou encore un apaisement actif « . Valérie CHAMPIGNY
L’emplacement des mots, dans un alignement volontairement précaire, reste une invitation à sciemment en désorganiser l’ordre et à chercher ou trouver sa place dans un autre combinaison de lecture.

Valérie Champigny est intervenue avec différentes formes de créations participatives tout au long de sa résidence. Elle travaille avec des messages, des écritures, des boîtes à mots. Elle a notamment, à l’occasion du Printemps des poètes 2017, impliqué dans l’écriture, les professionnels de la Maisons d’enfants avec les adolescents, les enfants, ce qui a donné lieu à une publication numérique  (éditions Mutuum).

Remerciements à Sébastien, Lucynda, Cédric, Léo, Joëlle, Majdouline, Florent, Théo, Wendy, Louane, Bader, Coralie, Anthony, Espéranza, Julia, Kevin, Océane, Océanne, Hugo, Lilian, Claire, …et bien d’autres… un soixantaine d’enfants…

 

 

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Valérie Champigny intègre l’écriture à la pratique de plasticienne, elle anime depuis 2004 des ateliers d’écriture tous publics en bibliothèques, établissements scolaires …

« On ne vous pardonne pas de vous suffire à vous-même. »
Louis CALAFERTE

 

Jouer dans le dispositif interactif de Dora Garcia

Lien vidéo : Jouer dans le dispositif interactif de Dora Garcia

Dispositif interactif de Dora Garcia invitant à la participation du regardeur.
CIAP- Île de Vassivière – Beaumont du Lac
Jeux corporels, déambulation, sifflements / V.Champigny

« La danse permet ce face-à-face, cette co-présence de l’artiste et du public, la réalisation d’une démocratie dé-hiérarchisée dans laquelle le spectateur a un pouvoir participatif. Il s’agirait ainsi de défaire l’illusion du spectacle en soulignant le caractère construit de la réalité représentée, une distanciation entre acteur et spectateur telle que formulée par Bertolt Brecht. » Dorian Spiteri (De la permanence dans l’inachevé, Musée de la danse, Rennes)

 » Vous dites : le réel, le monde tel qu’il est. Mais il n’est pas, il devient ! Il bouge, il change !… L’on est plus près de cette réalité en disant…il ‘’se présente’’ : ce qui signifie qu’il n’est pas là, existant en tant qu’objet. Le monde, le réel, n’est pas un objet. C’est un processus.  » John Cage