La poétisation de l'espace / Bernard Brisé

Invitée à participer à l’exposition collective « Le mot » *¹ à la médiathèque du Bois Fleuri, Valérie Champigny propose une œuvre associant, l’écrit, l’espace et le vivant…

Crédit Photos Bernard Brisé – Valérie Champigny au Centre d’arts du Bois Fleuri à Lormont (33)

Diplômée des Beaux-arts de Bordeaux en 1996, Valérie Champigny est une artiste protéïforme à l’écoute des sens. Elle prône un éveil du quotidien, une forme d’émerveillement continu à l’environnement. « Je collecte, je picore, je me nourrie de tout ce qui m’entoure. J’utilise l’écrit, le volume ou la photographie pour exprimer et restituer mon rapport sensoriel aux différents milieux que je traverse » confie-t-elle. Valérie Champigny travaille beaucoup en extérieur. Elle aime se balader avec ses grandes lettres de zinc (96 lettres*² de 1m x1m) qu’elle trimballe avec elle au gré des paysages, qu’ils soient ruraux ou urbains, et des perspectives. En général, les lettres forment des expressions ou des phrases en lien avec le site, non pas comme une légende d’une mise en scène mais plutôt comme une question, une invitation à la réflexion… Elle crée également des dispositifs autour de l’écriture, des installations élaborées avec des publics scolaires, ou des personnes âgées. « Il s’agit d’un acte créatif collectif avec l’humain au cœur du projet favorisant l’émergence d’une sculpture sociale qui nous interroge sur notre rapport conscient à l’espace et notre capacité à le poétiser » explique Valérie Champigny.

Jouer avec les mots pour donner du sens

Pour cette exposition, elle présente plusieurs installations originale, réalisées spécialement pour l’occasion. « Je vois cette exposition collective comme une résidence d’artistes. J’essaie de m’imprégner du lieu et de montrer des pièces qui peuvent fonctionner en corrélation avec la salle et son environnement direct. J’ai prévu quatre installations : des caissons lumineux avec des messages intégrés « Sous l’averse, je suspends ma course », une installation « Laisse-moi disparêtre » constituée de 2 portes dos à dos qui évoque l’idée de passage et de disparition, une machine à mots avec un texte brodé « Murs » qui se déroule en continu, et en extérieur une anagramme « Losange audible / La langue de bois » en synergie avec un environnement donné… » explique l’artiste.

Valérie Champigny utilise le langage dans un protocole d’appropriation et de sensibilisation de l’espace. Elle joue avec les mots pour donner du sens mais également pour donner de nouvelles formes contribuant à un univers enrichi d’une indéniable préoccupation esthétique.

Elle est également fondatrice de l’artothèque Mutuum qui propose en région Nouvelle-Aquitaine des médiations et des rencontres avec des artistes contemporains car l’art n’a d’intérêt que s’il est partagé.

*¹ L’exposition est suspendue (annulée ou reportée) en raison de la crise sanitaire du Coronavirus.

*²Le nombre de lettres est en constante expansion au fil des projets.