« La rescapée » – fausse ruine – 2014

La rescapée, fausse ruine, 4,50m x 3m, grave, brique, chaux, peinture Résidence Art&actions – Léogeats (33) – 2014
Dans la grande fosse des formes, gisent les ruines auxquelles on tient encore, en partie. Elles fournissent matière à l’abstraction. Un chantier d’inauthentiques éléments pour la formation d’impurs cristaux. Voilà où nous en sommes.
Paul Klee, Journal [1915], Paris, Grasset, 2004 (1959), p. 329.

Au delà d’une esthétique des ruines modernes vues comme des paysages pittoresques dans le monde contemporain (friches industrielles) , Valérie Champigny souligne à travers cette construction sans toit intitulée « La rescapée » la transformation du paysage rural en zone artisanales à demi-abandonnées. Le paysage, de plus en plus déboisé après la vente de parcelles autrefois vouées à la sylviculture, mute en scieries, entrepôts mais dont l’utilisation ne perdure pas.

Cette construction énigmatique montre cette forme absurde d’une construction inutile sans toit,  rapidement envahie par des hautes herbes sauvages pendant le temps même de sa construction. « La rescapée » dénomme tout autant la nature que la ruine qui très vite « s’entretiennent ». Très vite si l’on coupe le lierre, la brique tombe. Cette construction sommaire est depuis 2017 déconstruite et à laissé place à un petit supermarché dans cette zone rurale.

(Les fausses ruines, ou fabriques, sont aussi une tradition dans les jardins romantiques à partir du XVIIIè siècle en France, en Italie, en Russie, en Angleterre etc. La découverte de Pompéi ou de Troie enflamme l’imaginaire des artistes. Ainsi, le goût des ruines se développe.)

Carex / projet en continu

Depuis 2001, Valérie Champigny est en résidence permanente au Réseau A&a, l’occasion d’arpenter régulièrement les Landes Girondines, d’observer la transformation que les cycles de saisons opère le long du Ciron, de la Hure ou de la Garonne à travers un foisonnement de détails. Le carrex est devenu un sujet emblématique pour la plasticienne.
 » À l’École des Beaux-arts de Bordeaux, je travaillais sur la forme du chou, le chou romanesco notamment, en raison de mon intérêt pour les formes fractales. Selon le contexte géographique des résidences d’artistes, diverses formes végétales ont attiré mon attention pour leur aspect graphique. Le Carex est un genre de plantes de la famille des Cyperaceae  qui se développe dans les zones humides (landes, mares forestières…). Il est souvent question de promenades, d’errances et d’observations pour aboutir à des prises de notes, des croquis, des prises de vues et des sculptures qui peuvent être au final réintégrés sur un terrain vague, une forêt, sur un sentier pour une mise en scène d’un dispositif ponctuel ou comme offert à la nature si la biodégradation le permet… Il ne s’agit pas véritablement de Land-art. J’utilise des matériaux très divers. L’installation peut donner lieu à une lecture de texte dans la forêt du Sud Gironde. Chaque restitution est un nouveau récit. » Valérie Champigny

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L’ensemble des créations autour du projet « Carex » sont des pièces destinées à l’emprunt pour des expositions ou pour des collectionneurs.

 

 

Investir l’habitat / particuliers et espace public

Valérie Champigny,  compilatrice de choses, nourrie au quotidien par la perception des paysages ordinaires, elle explore sur le papier une association entre technique traditionnelle (l’estampe, le gaufrage ombres et transparences, et la gravure) et expérimentations des effets du climat sur le papier à l’intérieur de ses ruches à rouilles.

Elle emprunte les murs pour y révéler des paysages foulés, traversés de lumière et de mouvement et se distingue par des signes colorés furtifs. Elle investit l’habitat (public ou privé) en mixant les techniques…

Proposant avec une grande liberté d’entremêler des langages picturaux suggérant l’extérieur, le lien au végétal, les saisons au travers de tempêtes graphiques, contrastes et textures, elle travaille en fonction des lieux que vous lui confiez et caractérise les espaces que vous occupez en tenant compte de votre rapport intime au paysage (photos, anecdotes…), en noir et blanc dans une atmosphère à la fois inquiétante et familière…

corps et gestes

Les murs blancs cassés – septembre 2009

Prix de la Fondation de France 2009 – Programme Habitat
Septembre 2009 > Résidence Les murs blancs cassés, exposition à la Minoterie de Mont de Marsan (40).

Proposition dans le cadre de la résidence Mutations d’office en lien avec le quartier en rénovation de Mont de Marsan avec les habitants :
– La cage à lapins – installation et série participative photographique ;
– Photos de famille sur canapé – installation et série participative photographique ;
– Les petites annonces – peinture ;
– Cage d’escalier – peinture ;
– Le chien du vigile – peinture ;
– Démolition du bâtiment 11 – vidéo montage photographique.
dessin

Les murs blancs cassés – Mont de Marsan – septembre 2009

Exposition « Les murs blancs cassés » après 6 mois de résidence sur le quartier du Peyrouat à Mont de Marsan. Après cette résidence personnelle de janvier à juin 2009, j’ai obtenu le Prix de la Fondation de France « S’unir pour agir » et j’ai développé dans le cadre de La Ligue de L’Enseignement des Landes et pour d’autres artistes jusqu’en 2012 :  la résidence d’artiste « Mutations d’office »

Nolens volens / installation picturale dans l’espace public

ENVIRONNEMENT URBAIN / L’art au coin de la rue

19/10 2001
L’opération Regards de rues propose un parcours de découverte des oeuvres d’artistes bordelais qui ont travaillé sur les immeubles désaffectés et magasins inoccupés
Par : VERONIQUE JAN

valérie saint michel

L’oeuvre « Nolens volens » de Valérie Champigny sur 4 étages de la place Meynard remplace des fenêtres noircies et illumine la place (Photo Philippe Taris)

La deuxième édition de Regards de rues est née d’une double constat : les magasins vides et les immeubles inoccupés enlaidissent les rues bordelais et les artistes bordelais ont du mal à rencontrer leur public. Piloté par Muriel Parcelier, adjointe à la mairie de Bordeaux en charge de la vie des quartiers, le projet met en valeur douze artistes du cru.« Il s’agit d’embellir des lieux en mauvais état », explique Muriel Parcelier, « de faire connaître nos artistes, mais aussi de stimuler les propriétaires pour réhabiliter les immeubles. » Et ça marche. La première édition de Regards de rues, en 1999, a abouti à la réhabilitation de six lieux.
Pour choisir les artistes, la mairie a lancé un appel à candidatures dans les structures culturelles de la ville. Cent trente artistes y ont répondu et douze plasticiens ont été sélectionnés. Les oeuvres sont protégées contre les tags et, si elles doivent être enlevées pour cause de réhabilitation, elles seront exposées dans des espaces municipaux.
C’est tout un itinéraire artistique qui s’offre aux passants. Du graff aux décors peints en trompe-l’oeil en passant par des collages et des photographies. Les lieux retenus sont cette fois des espaces moins fréquentés par les voitures. Ce sont la place Meynard et les six rues piétonnes ou semi-piétonnes de Bordeaux. Place Meynard par exemple, on peut découvrir le travail de Valérie Champigny sur toute les fenêtres noircies d’un immeuble.

Sud Ouest