Résidence Hôpital de jour / « Demi-lune / adolescents

Résidence artistique à la Demi-lune

La résidence de la plasticienne prend forme de mars à décembre 2017 dans le cadre de la déconstruction et de la prise en compte des modifications de l’accueil des jeunes à l’Hôpital de jour « La Demi-lune ».
La Demi-lune accueille une quinzaine de pré-adolescents et adolescents autistes essentiellement et assure des soins polyvalents individualisés et intensifs prodigués dans la journée, le cas échéants à temps partiel.

Si au printemps 2018, nous apprenons avec enthousiasme que la Demi-lune à Villenave d’Ornon (33) est maintenue, la résidence a quant à elle a pris forme en janvier 2017 dans le cadre d’un contexte de déconstruction du bâtiment et d’une prise en compte éventuelle des modifications de l’accueil des jeunes à « La Demi-lune de mars à décembre 2017. 

AU PIED DE LA LETTRE

Temps de médiation artistique : Au pied de la lettre

Accompagnement des jeunes sur le projet Land art : Atelier collectif avec la création d’une anamorphose en extérieur visible depuis bibliothèque située au premier étage.

PRÉSENCES ALLUSIVES

Temps de création personnelle et participative

Production photographique autour des traces d’un lieu habité et projeté en déconstruction.

Réalisation d’une série photographique sur la Demi-lune. Photographies impliquant les jeunes dans un jeu de rôle expérimental.

« Au pied de la lettre », une œuvre collective

Ce lieu d’accueil a une histoire singulière qui invite à conserver des traces photographiques avant sa destruction. Les jeunes occuperont un autre lieu en 2017- 2018, il semble important de « s’inscrire dans le lieu »  pour chacun en investissant l’espace du jardin pour les saisons du printemps et de l’été sous la forme d’un projet qui s’apparente au mouvement du Land-art.

Laisser une empreinte avant de partir :

L ’approche du Land-art ayant déjà été exploré par plusieurs des jeunes a permis d’imaginer collectivement à la suite de plusieurs rencontres un projet intitulé « Au pied de la lettre » accompagné par Valérie Champigny qui se déroulera sur une dizaine de rencontres les vendredis après-midi d’avril à juillet 2017.

« Au pied de la lettre »  se présente comme une anamorphose construite et conçue avec la participation de chacun y compris par les adultes encadrant qui souhaiteront s’associer au projet collectif. Cette anamorphose de lettres, élaborée dans le parc, sera visible depuis les fenêtres de la bibliothèque.

S’inscrire pleinement dans le lieu :

Dans un espace défini par les professionnels de la Demi-lune, une proposition de type Land-art invitera les jeunes à inscrire leur initiale en extérieur. S’inscrire comme on trace des lettres : il peut s’agir d’une des lettres de son prénom, une lettre imaginaire, un idéogramme, une initiale ou chaque jeune selon ses difficultés pourra participer tout en étant aidé par les adultes et la plasticienne accompagnant le projet. Au pied de la lettre »  est une installation en plein-air impliquant la participation physique de chacun et qui propose d’explorer les relations qu’entretient le langage, les mots, les lettres au sens propre comme au sens figuré.

 

Denis Reynes – 2017

 » Savons-nous voir ? Les photographies de Valérie Champigny contiennent cette question en filigrane. Elles nous interrogent sur une acuité qui nous fait défaut – reconnaissons-le – en nous révélant ce à côté de quoi nous passons avec indifférence, persuadés que rien de tout cela ne mérite un regard. Elles donnent à reconsidérer le paysage familier d’un quotidien ordinaire dont on ne soupçonne pas l’aptitude à nous toucher. Les tableaux photographiques de Valérie Champigny ont ce curieux pouvoir de révéler la beauté de l’insignifiance, de donner du charme au dérisoire, d’extraire d’une monotonie apparente une lecture inédite et sensible. À une époque où l’image doit fasciner, se faire saisissante par une surenchère d’effets ostentatoires, on se surprend à rêver devant le degré zéro du spectaculaire, l’absence totale d’artifice, devant une photogénie des lieux communs où affleure une poésie de la modestie. Valérie Champigny arrête le temps et son objectif sur des bouts de rien, des espaces sommaires, des non-événements, de vagues terrains où l’humain est souvent absent ou en retrait, où la vie semble assoupie, flottante et silencieuse, loin du tumulte et de la frénésie urbaine. On pense à certains paysages d’Edward Hopper ou encore chez Jeff Wall, pris dans une torpeur similaire ; mais ici la photographie restitue un monde en l’état, tel quel, sans la distance que crée la peinture. À ses images, la plasticienne ajoute des légendes descriptives ou encore en clins d’œil, des commentaires amusés où pointe une ironie en douce, une fausse candeur, une dérision tout en retenue qui nous dissuade de la prendre avec trop de sérieux. Valérie Champigny zoome sur ses paysages tout en prenant du recul avec ses mots. Un regard libre. »
Denis Reynes