Polyèdres irréguliers et pratique régulière

2018 – dimensions variables

Les monolithes polyédriques à douze faces irrégulières sont pour moi une référence directe à ma fascination pour Melencolia de Dürer et à l’œuvre de Giacometti de 1932 à 1935 ). ils sont devenus au fil des années comme une activité méditative courte et régulières ou plus précisément un exercice régulier très court du matin, un moment qui accompagne les autres projets en cours. C’est un temps de construction intérieure qui apporte une petite satisfaction dans le rapport entre la lumière, les surfaces polies et les arêtes vives. Chaque polyèdre trouve son propre « caractère » ; une petite anthropomorphie délibérée en référence à Giacometti pour qui les polyèdres évoquaient des visages. Ils apparaissent il est vrai comme des météorites tombé au sol et suggère le possible d’une présence et changent d’aspect très rapidement du fait de leurs angles bruts exposés à la lumière.

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S’ajoute à cette fascination pour le polyèdre, le jeu de la géométrie en plan (dessin sur papier et zinc, gravure…).

 

Adolescence et temps des Utopies : Inspirée par les géoglyphes, dans la rencontre avec le site des Majouans à Fougueyrolles, c’est un polyèdre géant (sur une parcelle de 5000 m2) intitulé « Owiiig, le polyèdre à visage humain »,  je dessinerais sur la pelouse des Majouans, l’un des sites de la Maison d’enfants à caractère social de Port Sainte Foy et Ponchapt. Le site est proche de l’aérodrome ; vous pourrez envoyer vos photographies par mail.
Restitution « DéborNement(s) » avec l’ensemble des œuvres prévue le 9 juin 2018.
Lien évènement « DéborNement(s) »

« La rescapée » – fausse ruine – 2014

La rescapée, fausse ruine, 4,50m x 3m, grave, brique, chaux, peinture Résidence Art&actions – Léogeats (33) – 2014
Dans la grande fosse des formes, gisent les ruines auxquelles on tient encore, en partie. Elles fournissent matière à l’abstraction. Un chantier d’inauthentiques éléments pour la formation d’impurs cristaux. Voilà où nous en sommes.
Paul Klee, Journal [1915], Paris, Grasset, 2004 (1959), p. 329.

Au delà d’une esthétique des ruines modernes vues comme des paysages pittoresques dans le monde contemporain (friches industrielles) , Valérie Champigny souligne à travers cette construction sans toit intitulée « La rescapée » la transformation du paysage rural en zone artisanales à demi-abandonnées. Le paysage, de plus en plus déboisé après la vente de parcelles autrefois vouées à la sylviculture, mute en scieries, entrepôts mais dont l’utilisation ne perdure pas.

Cette construction énigmatique montre cette forme absurde d’une construction inutile sans toit,  rapidement envahie par des hautes herbes sauvages pendant le temps même de sa construction. « La rescapée » dénomme tout autant la nature que la ruine qui très vite « s’entretiennent ». Très vite si l’on coupe le lierre, la brique tombe. Cette construction sommaire est depuis 2017 déconstruite et à laissé place à un petit supermarché dans cette zone rurale.

(Les fausses ruines, ou fabriques, sont aussi une tradition dans les jardins romantiques à partir du XVIIIè siècle en France, en Italie, en Russie, en Angleterre etc. La découverte de Pompéi ou de Troie enflamme l’imaginaire des artistes. Ainsi, le goût des ruines se développe.)

Carex / projet en continu

Depuis 2001, Valérie Champigny est en résidence permanente au Réseau A&a, l’occasion d’arpenter régulièrement les Landes Girondines, d’observer la transformation que les cycles de saisons opère le long du Ciron, de la Hure ou de la Garonne à travers un foisonnement de détails. Le carrex est devenu un sujet emblématique pour la plasticienne.
 » À l’École des Beaux-arts de Bordeaux, je travaillais sur la forme du chou, le chou romanesco notamment, en raison de mon intérêt pour les formes fractales. Selon le contexte géographique des résidences d’artistes, diverses formes végétales ont attiré mon attention pour leur aspect graphique. Le Carex est un genre de plantes de la famille des Cyperaceae  qui se développe dans les zones humides (landes, mares forestières…). Il est souvent question de promenades, d’errances et d’observations pour aboutir à des prises de notes, des croquis, des prises de vues et des sculptures qui peuvent être au final réintégrés sur un terrain vague, une forêt, sur un sentier pour une mise en scène d’un dispositif ponctuel ou comme offert à la nature si la biodégradation le permet… Il ne s’agit pas véritablement de Land-art. J’utilise des matériaux très divers. L’installation peut donner lieu à une lecture de texte dans la forêt du Sud Gironde. Chaque restitution est un nouveau récit. » Valérie Champigny

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L’ensemble des créations autour du projet « Carex » sont des pièces destinées à l’emprunt pour des expositions ou pour des collectionneurs.